L'accompagnement au déploiement

Créé par Françoise Leclère, traumaticienne, sexologue et praticienne en maïeusthésie

Selon le modèle de la maïeusthésie (Psychologie de la pertinence), nous sommes constitués de tous ceux que nous avons été et ceux dont nous sommes issus.

Si au cours de notre vie, nous vivons quelque chose de tellement douloureux que nous ne pouvons l'intégrer émotionnellement dans l'instant, nous clivons l'être que nous sommes à ce moment (nous le mettons à l'abri temporairement), afin de pouvoir continuer à vivre. C'est une pulsion de survie.


Or, cet être étant mis de côté, il manque à celui.celle que nous sommes aujourd'hui. Il va alors se manifester au présent en envoyant un signal, c'est le symptôme (qui vous invite à consulter).


Généralement, le.la patient.e consulte afin de se débarrasser du symptôme qui l'empêche de vivre pleinement. L'accent en thérapie classique est donc mis sur les moyens à mettre en œuvre pour la corriger ou la faire disparaître.

Or, dans l'accompagnement au déploiement, le symptôme n'est pas vu comme la conséquence douloureuse d'un événement dont il faudrait se débarrasser pour mieux vivre, mais comme un indicateur pointant vers l'être qui a été clivé, en vue de sa réhabilitation : en écoutant délicatement le ressenti de l'être clivé, celui-ci reprend sa place.


Quand ce repositionnement se produit, le symptôme disparaît, non pas parce qu'il est guéri, mais parce qu'il n'est plus nécessaire. En d'autres termes, le symptôme existe « spécialement pour » que l'on puisse localiser l'être à réhabiliter. C'est pourquoi, selon Thierry Tournebise (fondateur de la maïeusthésie), « toute tentative d'éradiquer un symptôme sans avoir réalisé la réhabilitation peut être fâcheuse ».



De façon imagée, le symptôme est comme une sonnerie de téléphone : si on décroche et qu'on écoute celui.celle qui est à l'autre bout du fil et son ressenti, le symptôme n'aura donc plus besoin de sonner (car écouter le vécu permet de l'intégrer).

Si ça sonne de nouveau, c'est un autre appel à prendre, un autre être à écouter.

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Les poupées russes nous aident à symboliser cet accompagnement : l’adulte au présent porte et « cache » en lui.elle tous les êtres qu’il.elle a été. Si une des poupées vit un événement qu'elle ne peut intégrer sur le moment, elle se clive et n'est donc plus alignée avec les autres.

Afin qu'elle puisse reprendre sa place, apaisée, nous allons aller écouter son vécu et ses émotions.

Dans l'accompagnement au déploiement, chacun des êtres que nous avons été - et bien d'autres - peuvent être notre interlocuteur.

 

Désactiver le traumatisme par l'accompagnement au déploiement

Françoise Leclère
Traumaticienne, sexologue

 

L'accompagnement au déploiement : un regard sur le traumatisme social

Les êtres que nous avons été au cours de notre vie sont essentiels pour notre psyché ; nous portons également en nous notre environnement (notre éducation, les dogmes et les croyances sociales) et les êtres qui le constituent.

Le traumatisme individuel est le résultat d'un événement, le traumatisme social lui, résulte d'un arbitraire, d'une croyance ou norme sociale provoquant en nous des clivages, des conflits intérieurs et une souffrance.

Ces derniers impactent notre déploiement au sens où si on y adhère, ils nous clivent de l’Humain que l'on a à être, ou bien si des individus y adhèrent, ils agissent directement sur nous (ou sur d'autres groupes sociaux), à travers des discriminations par exemple.